Article published In: Reinardus: Yearbook of the International Reynard Society
Edited by Richard Trachsler, Baudouin Van den Abeele and Catalina Girbea
[Reinardus 37] 2025
► pp. 99–112
Du ragoût au ragot
Une résurgence comique du motif du cœur mangé chez le Chevalier de la Tour Landry?
Available under the Creative Commons Attribution (CC BY) 4.0 license.
For any use beyond this license, please contact the publisher at rights@benjamins.nl.
La publication en Open Access de cet article a été financée par un Transformative Agreement avec University of Zurich.
Article language: French
Published online: 2 February 2026
https://doi.org/10.1075/rein.00105.tra
https://doi.org/10.1075/rein.00105.tra
Abstract
Contrairement à d’autres livres de conduite destinés à l’éducation des femmes au Moyen Âge, le
Livre écrit par le Chevalier de la Tour Landry pour l’enseignement de ses filles en 1371–1372 n’est pas un
traité, mais expose souvent sa doctrine sous forme de récits brefs. À travers plus de cent exempla, à éviter ou à
suivre, puisés dans des recueils du temps, ou présentés comme autant d’anecdotes tirées de son expérience personnelle, le
Chevalier met en garde ses lectrices contre les dangers du monde. Le dernier récit met en scène le sage Catonnet, qui échappe de
peu à la mort, accusé à tort d’avoir servi à manger à l’empereur de Rome et sa femme le cœur de leur fils. Malgré les conséquences
potentiellement tragiques, le récit se révèle être un canular orchestré par Catonnet lui-même. La présente enquête porte sur les
effets de sens que produit le choix de placer en dernière position du recueil un récit qui est une pure invention mettant en garde
contre les récits qui se trouvent dans d’autres livres.
