Article published In: Reinardus: Yearbook of the International Reynard Society
Edited by Richard Trachsler, Baudouin Van den Abeele and Catalina Girbea
[Reinardus 37] 2025
► pp. 136–147
Du Chapalu au chat-garou
(Mal)heurs du chat pré-moderne
Article language: French
Published online: 2 February 2026
https://doi.org/10.1075/rein.00096.ber
https://doi.org/10.1075/rein.00096.ber
Abstraite
Le Cath Palug est-il un chat? C’est douteux. Et sans doute le Chapalu, son direct héritier à la lisière
entre chanson de geste et imaginaire arthurien, n’en est pas un non plus. Mais le Chat de Lausanne, variation prosaïque (à
tous les sens du terme) du Chapalu, est bel et bien un chaton, un petit chat innocent et inoffensif, qui devient en peu de temps
plus monstrueux que ses prédécesseurs et qui est explicitement associé au diable. De fait, lorsqu’à peu près au même
moment Conrad de Marbourg entreprend d’éradiquer la secte des satanistes, il signale qu’elle adore un Satan qui se
présente en forme de chat. Ce qui explique cette antipathie que l’on peut nourrir pour les chats, mais pas le fait que cet
avatar ne soit presque jamais repris à la grande époque du Sabbat. En revanche on veut suggérer une distinction genrée au niveau
des métamorphoses animales: les sorciers mâles, quand ils existent, se transforment en loups et les sorcières se transforment en
chats. Peut-être parce que le loup est du côté de l’extérieur, du sauvage, qui est le domaine masculin, alors que le chat
est davantage à l’intérieur, du côté de la maison, domaine féminin. Femme et chat forment alors une association durable
dont il faut se méfier.
