Autoportraits de traducteurs
Sans scrupules fictionnels et théoriques : Hœpffner, Markowicz, Quignard
Article language: French
Published online: 9 September 2022
https://doi.org/10.1075/babel.00285.dra
https://doi.org/10.1075/babel.00285.dra
Résumé
La traductologie contemporaine replace au centre de sa recherche le traducteur dont la visibilité dans l’espace littéraire et scientifique a été longtemps occultée. Il n’est donc pas étonnant que le traducteur ait pu devenir un personnage de fiction ou le sujet d’une biofiction. Ces récits de soi entrepris par des traducteurs ont l’ambition de proposer à leurs lecteurs un geste réflexif sur ce qui se joue quand on entreprend de traduire. Aussi, en écho avec ce que certains appellent un « tournant fictionnel » (Vieira, Else Ribera Pires. 1995. “(In)visibilities in Translation: Exchanging Theoretical and Fictional Perspectives.” ComTextos 61: 50–68.), il nous semble tout à fait approprié de parler, à ce propos, de l’émergence d’un tournant métafictionnel dans les études de traduction. Dans notre article, nous mettrons en évidence le nouage (dans ses dimensions cognitive, culturelle et éthique) des discours autobiographique et traductologique tel qu’on le trouve dans, ce que nous qualifions de métafictions traductives, à savoir dans Portrait du traducteur en escroc de Bernard Hœpffner, Partages d’André Markowicz et Lycophron et Zétès de Pascal Quignard.
Abstract
The contemporary translation studies place the translator at the heart of their research, whose visibility used to be overshadowed in the field of literature and science for a long time. Thus, it is not unreasonable to assume that the translator has become a fictional character or a subject of his own in some biofiction. These personal narratives have the ambition to suggest to their readers to reflect on what processes occur at the moment of translation. Therefore, echoing what is called the “fictional turn” (Vieira, Else Ribera Pires. 1995. “(In)visibilities in Translation: Exchanging Theoretical and Fictional Perspectives.” ComTextos 61: 50–68.), it seems to be justified to talk in this regard about the emergence of the metafictional turn in translation studies. In this article, we will reveal the interconnection (in its cognitive, cultural, and ethnic dimensions) between autobiographical and translation theoretical discourses which are being held in “Portrait of the Translator as Chameleon” by Bernard Hoepffner, “Partages” by André Markowicz and “Lycophron et Zétès” by Pascal Quignard and which we qualify as translation metafictions.
Article outline
- Introduction
- Présentation du corpus : trois métafictions traductives
- Devenir-traducteur : avoir pour demeure la langue
- Le cœur et le corps du métier
- Qu’est-ce que traduire ? Laboratoire du traducteur
- « La pulsion de traduire »
- « Esthétique de l’existence »
- Conclusion
Références
References (22)
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