Créativité et traduction
Il peut paraître étrange de parler de créativité en relation avec la traduction quand on sait à quel point on se plaît à souligner qu'il s'agit d'une activité seconde. Or la traduction requiert un très grand travail à l'intérieur de la langue d'arrivée qui fait du traducteur un authentique créateur. C'est ce travail de création de formes que l'on se propose d'explorer ici par une théorisation qui implique une structuration de l'équivalence dans le cadre de l'unité de traduction.
Il peut paraître étrange, voire même provoquant, de parler de créativité àpropos de la traduction quand on sait la mauvaise réputation que lui ont faite certains auteurs comme Du Bellay et dont l'expression la plus cinglante se trouve sans doute chez Montesquieu où un traducteur ayant déclaré: "il y avingt ans que je m'occupe à faire des traductions", se voit répondre: "Quoi!Monsieur . . . il y a vingt ans que vous ne pensez pas? Vous parlez pour les autres et ils pensent pour vous?" (Montesquieu 1956: 223). A quoi on pourrait répondre par un état du travail de création artistique qui, de tout temps, s'est effectué à partir de la traduction que ce soit sous la forme de l'adaptation, de l'imitation ou de la manipulation. Cet aspect a été particulièrement bien [ p. 86 ]souligné et étudié dans les travaux qui se sont développés (avec pour épicentre le groupe de Louvain) à partir de ceux d'Itamar Even-Zohar (1990) et Gideon Toury (1995).
Bibliographie
1. Références
2. Corpus
Lorsque le nom du traducteur n’est pas mentionné dans le texte de cet article, les traductions sont de nous. Nous ne donnons ici les références que des corpus principaux: