Voyage et traduction
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La modernité se caractérise par la croissance exponentielle des voyages et des mouvements de personnes autour du globe. D’ailleurs, le tourisme est rapidement en train de devenir l’activité commerciale la plus importante au monde. L’accroissement de l’intérêt pour la mondialisation (voir globalization ) mène à l’évaluation de l’impact de la circulation toujours plus rapide de biens, de symboles et de personnes sur les pratiques sociales, économiques et culturelles des êtres humains et sur leur perception de soi. Par conséquent, les théories du voyage gagnent en popularité dans les analyses contemporaines de l’évolution de la modernité (Urry 2007). Tous ces mouvements se passent entre sujets ayant la faculté de langage sur une planète qui compte actuellement environ 6 700 langues. Néanmoins, les travaux critiques sur les voyages et le tourisme ont jusqu’à tout récemment négligé un aspect fondamental du voyage, à savoir le rapport qu’a le voyageur avec les langues. Cette négligence est d’autant plus révélatrice lorsque l’on considère que l’une des expériences les plus courantes pour un voyageur est l’humiliation liée à la perte langagière: il vit une situation désastreuse car les mots qui lui sont familiers lui sont soudainement inutiles. L’indifférence à l’égard des questions de langue et de traduction mène inévitablement à une grave déformation de l’expérience des voyages et de la construction des récits de voyages. Certaines questions sont considérées cependant comme primordiales dans les recherches portant sur le rôle de la traduction en contexte de voyage : le mythe de la transparence linguistique, la relation entre langue et pouvoir et la possibilité de représentation basée sur des éléments universels (Rubel et Rosman 2003).