La traduction par relais
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La traduction par relais ou traduction-relais fait référence à une chaîne d’au moins trois textes qui produisent une traduction finale effectuée à partir d’une autre traduction : (original) TD > texte pivot (TP) > (fin) TA. Une multitude de termes ont été suggérés pour décrire cet exercice, créant un « désordre » conceptuel (Pym 2011 : 80, notre traduction). Bien qu’il soit très répandu, le terme recommandé par Pym, « traduction indirecte », se trouve en concurrence avec d’autres usages, tels que la traduction orientée vers le contenu, par exemple. L’appellation « retraduction », autre terme ambigu, semble aujourd’hui moins utilisée pour faire référence à la traduction-relais (cf. Pym 2011 : 90). Le terme « traduction indirecte » met l’accent sur le produit final, tandis que la « traduction relais » souligne le processus (Dollerup 2000 : 23; cf. Relay interpreting ). La traduction-relais est habituellement étudiée dans la culture cible située à la fin de la chaîne – un exemple étant le projet de recherche allemand de longue haleine se penchant sur les traductions vers l’allemand à partir du français pendant l’époque moderne (résumé dans Graeber 2004). Il n’existe pas un intérêt équivalent à propos du rôle de médiateur joué par l’Allemagne à l’égard de l’Europe de l’Est et l’Europe du Nord ni, d’ailleurs, une recherche exhaustive anglo-américaine sur l’anglais comme langue pivot dans le monde d’aujourd’hui. Par conséquent, la recherche sur la traduction-relais, aussi limitée soit-elle, tend à être produite par des chercheurs appartenant à des langues (semi-)périphériques telles que le catalan, le chinois, le néerlandais, l’hébreu, les langues scandinaves, entre autres.