Littératures postcoloniales et traduction [Post-colonial literatures and translation]
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Il est maintenant communément admis que le « tournant culturel », qui a vu le jour en 1990 dans les sciences humaines et sociales, a transformé de façon durable la traductologie. La culture en est venue à occuper le centre des analyses et du discours sur la traduction, plutôt que la langue vue comme système d’échange verbal et de communication. La langue s’est subordonnée à la culture, les deux sont devenues interdépendantes sinon même fusionnées dans toute discussion ou analyse sérieuse sur la traduction. L’impact sur la traductologie a été significatif. Tous les anciens concepts ou notions, telles que l’équivalence, la langue normative ou standardisée, les binarités distinctives et les hiérarchies qu’elles impliquent (original/traduction, texte de départ/texte d’arrivée, mot-à-mot/sens-pour-sens, etc.) ont été bouleversés. C’est dans l’étude des littératures postcoloniales que le « tournant culturel » a eu le plus fort impact en traductologie. La nature même de ces littératures, écrites en langues coloniales par des sujets postcoloniaux, a mis en lumière de nombreuses problématiques jusqu’alors négligées: celles des genres, de l’appartenance ethnique, de la sociologie, de l’altérité linguistique, de l’identité, de la politique et de l’idéologie.