Philosophie et traduction [Philosophy and translation]
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Un survol de l’histoire de la philosophie occidentale indique qu’on a accordé très peu d’attention à la pratique de la traduction et aux questions philosophiques qu’elle soulève. Pendant longtemps, la relation entre la philosophie institutionnelle et l’étude de la traduction était de toute évidence asymétrique: les traducteurs et les traductologues se sont beaucoup plus intéressés à la philosophie que les philosophes aux dilemmes posés par la traduction (Pym 2007: 25). Le rapport entre les deux s’est modifié au cours des dernières décennies du XXesiècle au fur et à mesure que la pensée contemporaine a pris conscience des liens ténus entre philosophie et traduction. On a affirmé, par exemple, que la traduction n’est pas seulement un sujet d’intérêt pour la pensée contemporaine, mais un sujet de « fascination », parce qu’elle constitue un « concept » qui remet en question non seulement la pratique de la philosophie, mais sa possibilité même (Benjamin 1989: 9).