Linguistique contrastive et traductologie [Contrastive Linguistics and Translation Studies]
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Aujourd’hui, on considère la traductologie et la linguistique contrastive comme des disciplines distinctes parce que leurs points de vue comme leurs objets de recherche sont différents. La linguistique contrastive, fondée en 1820 par von Humboldt, s’occupe des différences entre les langues tant du point de vue du système que de celui de l’usage, tandis que, de son côté, la traductologie, dont les principes (normatifs) remontent aussi loin qu’à l’Antiquité avec Cicéron et Horace, décrit et explique les caractéristiques typiques ainsi que les fonctions et contextes individuels et sociaux des traductions, à la fois comme produits et comme processus. Bien que relativement pointus, ces domaines de recherche qui se sont développés considérablement au cours des dernières décennies du siècle dernier ont tout de même en commun un élément fondamental, à savoir les traductions, lesquelles apparaissent nécessairement en présence de deux langues (ou variétés linguistiques) et s’avèrent ainsi des sources de données utiles aux deux disciplines. On considère souvent, notamment en fonction de l’aspect sur lequel on s’attarde, que les questions qui touchent la traduction appartiennent soit à la traductologie soit à la linguistique contrastive. Toutefois, la traductologie peut tirer profit de la linguistique contrastive lorsqu’il s’agit de décrire, d’expliquer et de prédire les caractéristiques linguistiques des processus et des produits de traduction (Partie 2) et, inversement, la linguistique contrastive peut bénéficier des apports de la traductologie lorsqu’il s’agit de décrire différentes langues et de formuler des hypothèses à leur sujet en se fondant sur les traductions et leurs textes sources (Partie 3).