Auteur et traducteur [Author and translator]
Table des matières
Le débat sur l’invisibilité des traducteurs a d’abord été amorcé par Venuti (Venuti 1994) et a été repris par Simeoni dans son article fondamental sur l’habitus des traducteurs (Simeoni 1998). Il est généralement opposé à la visibilité (visibility) relativement élevée des auteurs d’œuvres littéraires ou utilisé en toile de fond de la littérature et de l’aura sacrée des écrivains nationaux. Même si l’importance du rôle joué par les traducteurs est incontestable lorsqu’il est question d’offrir aux lecteurs le travail des auteurs qui leur sont étrangers, leurs traductions ont été et demeurent un lieu de débats institutionnels et publics. Elles ont été contestées tant au sein d’une même culture que d’une culture à l’autre au cours de l’histoire (voir Literary translation et Literary studies and Translation Studies). Cependant, le débat sur l’invisibilité des traducteurs peut avoir involontairement obscurci des relations plus complexes entre traducteurs et auteurs. Il faut y inclure l’ancienne description, plus subtile et moins visible, des propriétés intellectuelles des auteurs (voir notamment Davidson 2008) et celles des traducteurs (translatorship) (Toury 1995 : 53) et, plus particulièrement, la façon dont cette description peut être perçue et comment elle l’a été dans diverses cultures, au fil de l’histoire. Ensuite, nous devons aussi considérer comment traiter les auteurs d’autres ouvrages, comme ceux qui s’intéressent à la philosophie ou aux sciences sociales, ainsi que les traducteurs de ces ouvrages. À ce sujet, il semble impératif de réexaminer le rôle du genre littéraire comme facteur déterminant dans les relations entre auteurs et traducteurs (voir Genres, types de texte et traduction et Translation).